La Vienne Rurale 08 juin 2015 à 08h00 | Par Guillaume de Werbier

Rotations et itinéraires techniques différents expérimentés à la station d’Archigny

Vienne Agrobio et Agrobio Poitou-Charentes, ont organisé une visite des essais bio menés aux Ormes et à la station expérimentale d’Archigny, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Vienne et le Syrva.

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 © Guillaume de Werbier

Lors d’une journée technique grandes cultures, Vienne Agrobio et Agrobio Poitou-Charentes, en collaboration avec la Chambre d’agriculture de la Vienne, ont organisé une visite des essais bio menés aux Ormes à l’EARL Lefèbvre, mais aussi de ceux conduits à la station expérimentale d’Archigny. Certifiée en AB, elle est un support pour des essais systèmes de longue durée en grandes cultures biologiques. Le site, d’une superficie de 14 ha sur un seul îlot, comprend 12 parcelles d’environ 1 ha chacune et est non irrigué. 4 parcelles (R1, R2, R5 et R6) sont dédiées aux expérimentations système, les autres accueillent des essais analytiques ou des démonstrations.Les essais réalisés au sein de la station ont pour but de mettre au point un système de grandes cultures sans élevage répondant au cahier des charges de l’agriculture biologique, qui soit viable économiquement et agronomiquement, a rappelé Thierry Quirin, conseiller à la chambre d'agriculture de la Vienne et en charge des essais à la station expérimentale d'Archigny. L’objectif est de construire et de tester des rotations et itinéraires techniques durables innovants, de les comparer et de les évaluer.Plusieurs tests ont été mis en place pour y parvenir : des essais systèmes pluriannuels, portant sur différents itinéraires techniques (labour et non labour), et sur des rotations longues et des rotations courtes, sont étudiés. La station mène aussi des expérimentations analytiques annuelles sur les variétés triticale, pois d’hiver, l’association blé et pois, ou encore la fertilisation azotée, qu’a d’ailleurs présentée Jérôme Truteau, technicien production végétale à Agrobio Poitou-Charentes.« On analyse l’efficience technique et économique. Faire du rendement, c’est une chose, mais ensuite il faut voir par rapport au coût du produit utilisé pour la fertilisation, la marge qui est dégagée », explique le conseiller devant un essai fertilisation sur blé. « Les modalités ont été répétées trois fois en région sur différents essais avec les mêmes protocoles pour avoir une meilleure conclusion sur les résultats. Ce sont des essais que nous faisons chaque année pour avoir une courbe de réponse à l’azote en partant d’un témoin zéro, comparé à des témoins allant jusqu’à 200 unités. Deux types de produits ont été apportés : de la fiente de volaille et de la farine issue de déchets d’abattoir, fortement titrée en azote et en phosphore. Aujourd’hui, on ne sait pas encore quel témoin apportera la meilleure solution mais on remarque que lorsque l’apport se fait tôt, c’est-à-dire sur les 20 premiers jours de février, l’efficience est meilleure comparée à des apports en mars. »En parallèle de ces expérimentations, un suivi est réalisé sur l’évolution de la fertilité des sols et de l’enherbement à long terme, sur l’impact technico-économique des différentes rotations, et sur l’évaluation des impacts environnementaux des différentes rotations.Sur le site, les sols sont des limons battants hydromorphes drainés. Ils sont profonds, avec une réserve en eau moyenne à bonne, et ont une tendance à l’acidité (apport de calcaire nécessaire). Malgré tout, des parcelles posent question quant à leur fertilité. « Ce qui empêche les racines de descendre en profondeur, ici, c’est l’excès d’eau », note Abdel Ourzik, conseiller à la Chambre d’agriculture de la Vienne, en analysant un profil de sol d’une parcelle d’expérimentation. « Les drains sont mal positionnés. D’où des résultats très médiocres en surface. La seule solution ici serait de refaire le drainage. Puis, on met en place des cultures qui ne s’enracinent pas profondément, qui vont permettre au sol de se régénérer, avec un apport de fumier bio. Le drainage représente un investissement de 1 500 € / ha. Pour faire un bon drainage, il faut calculer l’écartement, la profondeur en fonction du type de sol, et le positionnement des drains qui doivent être en épi par rapport à la pente. » Assainir son sol, un impératif dans certaines situations pour pouvoir cultiver des céréales et améliorer les rendements.

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